OAZARTS des rencontres

le podcast qui vous permet de découvrir et rédécouvrir des personnalités qui ont osé se lancer dans les domaines créatifs.

#5 Jean-Daniel Lorieux - Photographier les plus grandes personnalités aux quatre coins du monde

#5 Jean-Daniel Lorieux - Photographier les plus grandes personnalités aux quatre coins du monde

Issu d'une famille d'ingénieurs, polytechniciens ou des Mines, rien ne prédestinait Jean-Daniel Lorieux à une telle carrière dans la photographie.
On parle d'une personnalité comparée à Helmut Newton et Guy Bourdin.
Dans ce 5ème épisode, j'ai eu la chance de m'entretenir avec une légende de la photographie française.

A l'adolescence, il commence par faire les cours Simon avec son ami Jean Jacques Debout (parolier de Johnny Halliday, mari de Chantal Goya).
Il est réquisitionné dans les années 60 pour aller aider la France pendant la Guerre d’Algérie.
Il y monte un service de photographie de 12 personnes dont seulement 4 reviennent vivants.
Dès lors,  il se dit qu’il ne veut plus jamais voir l'horreur.
Il entre au Studio Harcourt en 1964 où il rencontre Jean Gabin, Bourvil, Alain Delon. Il y pratique le portrait noir & blanc et y apprend le studio, mais son envie de voyager sur les iles pour rêver et fuir la réalité parisienne est trop forte.
Chez Harcourt, il rencontre Robert Caille, éditeur de Vogue France dans les années 70, qui ne le prend pas au sérieux. En effet, Jean Daniel n'a qu'une FIAT 500 quand Newton et Bourdin roulent en Rolls, Bentley, Aston Martin.

Après un shooting d’une campagne pour Pierre Cardin, il s’offre finalement une Bentley qui lui permet de se mesurer aux superstars de l'époque, et d'être regardé dans les yeux !
Il rencontre Andy Warhol pendant une campagne pour une marque de cigarettes et découvre le travail de Basquiat à la Factory, à New-york.
Lorsqu'on lui demande la rencontre qui l'a marqué, il parle de Jacques Chirac.
Jean Daniel était avec son fils dans sa Bentley à l’hôtel du Cap-Eden-Roc, quand le futur président lui demanda d'y faire un tour avec Bernadette.
Une relation de respect se nouera.  ll réalisera les photos de sa campagne présidentielle en 88, puis Chirac lui donnera la Légion d’Honneur à titre militaire pour ses actions en Algérie.
Jean Daniel est, à ce jour, le photographe qui a réalisé le shooting le plus cher au monde, avec Isabelle Adjani, en Russie.
Il suit de près le travail de photographes contemporains comme  Carlijn Jacobs, Zoe Ghertner, Harley Weir et évidemment son fils Nickolas Lorieux.

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#4 Jean-Philippe Delhomme - Peintre, écrivain - Un sens de l'humour et une esthétique au service de l'instant, de Tokyo à Los Angeles.

#4 Jean-Philippe Delhomme - Peintre, écrivain - Un sens de l'humour et une esthétique au service de l'instant, de Tokyo à Los Angeles.

Jean Philippe Delhomme est né et a grandi en banlieue parisienne. Après plusieurs années de classes préparatoires artistiques, il intègre enfin les Arts Décos, laborieusement.


En parallèle, il dessine pour des magazines, des marques, fait des affiches pour le Bon Marché, à Paris.

Très vite, il se sent proche des graffeurs new yorkais installés à Paris au milieu des années 80.

Il se prend d’intérêt pour les affiches et leur côté vivant, le fait que tout le monde puisse y avoir accès, qu’elles se déplacent dans la ville.

En 1982, lors de son premier voyage à New-York, il tombe sur une des premières expositions de Jean Michel Basquiat.

L’énergie de la ville lui met une claque.

Depuis ce jour, les villes américaines le passionnent.

Il réalise ses premières publicités pour Barneys, un magasin précurseur de la grosse pomme, et rencontre une personne qui a marqué sa vie pour toujours, Glenn O’brien.


Il est très admiratif de l’écrivain américain pour sa capacité à s’intéresser à tous les sujets, à être curieux de tout et tout le monde, tout le temps.

Avec lui,  il côtoie Alex Katz, John Baldessari.


Quelques années plus tard, il lance son blog.


« Quand on aime, on fait de l’humour sur les gens »

C’est comme ça que Jean Philippe Delhomme justifie en partie ses critiques humoristiques du monde de l’art, de la mode, du design, faites via son personnage du Unknown Hipster.


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#3 Greg Hervieux - Blackrainbow & Triiad - Acteur majeur du développement de la culture urbaine en France

#3 Greg Hervieux - Blackrainbow & Triiad - Acteur majeur du développement de la culture urbaine en France

« En 1985, je rentre dans la culture hip-hop, graffiti, et je ne la lâche plus. J’ai envie de faire partie de ce milieu, je le comprends, il me passionne. »

Dans ce 3ème épisode, j’ai la chance de recevoir Gregory Hervieux, le fondateur de l’agence Blackrainbow, passionné d’art contemporain et qui participe depuis 30 ans au rayonnement de la culture urbaine en France.

Il nous parle de son enfance en banlieue parisienne, sa découverte du graffiti et de la culture hip-hop avant son premier voyage à New-York, dans les années 80.

C’est la révélation, il sait qu’il veut faire partie de ce qu’on a appelé plus tard la street culture.
Même s’il s’essaie au graffiti, à la dance et au rap, il ne se trouve pas assez bon pour y consacrer sa vie et veut trouver un autre moyen de s’accrocher à ce milieu qui dégage une énergie qui le fait rêver.

Il rencontre Daniel, le fondateur de Ticaret, la boutique emblématique du hip-hop à Stalingrad, en 1986, à qui il rapporte des objets américains, des vestes, des disques, et se lance dans l’import, tout en rencontrant les artistes new-yorkais qui le font rêver, Futura 2000 en tête.

Leur relation est restée intacte puisqu’ils ont collaboré ensemble de nombreuses fois.

En parallèle, il côtoie déjà plusieurs artistes américains de passage en France, comme Jonone, mais aussi Bando, Meo, Lee Quinones.


Il monte Triiad, sa marque en 1995, au moment où Homecore est lancée par Alexandre Guarnieri et Steph Cop.
C’est l’âge d’or du streetwear inspiré des Etats-Unis et de ce que portaient les stars du rap outre Atlantique.


À la même période, il rencontre Mathieu Kassovitz, en plein tournage de la Haine, avec qui il se lie d’amitié, et descend avec l’équipe du film pour le Festival de Cannes en 1996.
« Cannes n’était pas prêt à recevoir l’équipe et toute sa culture ! »

Au fil du temps, il a la chance de nouer des relations incroyables avec les membres de Kourtrajme, JR, mais aussi Sarah de Colette qu’il admire pour sa curiosité et son ouverture d’esprit.
Il salue son audace : « Sarah a osé des choses que le luxe n’a jamais osé. Elle a exposé un nombre impressionnant d’artistes inconnus qui sont devenus incontournables dans le paysage de l’art contemporain. Avec Colette, elles n’avaient pas un concept store. Elles avaient un magasin précurseur. »

Il organise les premières expositions en France de Futura 2000 et JR.


Il lance Blackrainbow avec son associé Jay Smith (fondateur de Ware Magazine, un supplément du Wad), une agence de conseil en straatégie pour les marques, axée sur la collaboration avec des artistes contemporains ou issus des cultures urbaines.
De l’agence, nait le magazine Blackrainbow, une vitrine artistique sur leurs activités. Ils collaboreront avec Andre Saraiva, Jonone, Curtis Kulig, Kenny Scharf notamment.

En 2015, il fait la rencontre exceptionnelle de Kobe Bryant qu’il a la chance de mettre en couverture du magazine. Il partage avec lui un moment très émouvant à Los Angeles.
Imaginez simplement un des meilleurs basketteurs de l’histoire vous chanter « Fais dodo, Colas mon p’tit frère », en Français, à Los Angeles, en plein shooting pour Nike.

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#2 Charlotte Abramow - Photographe, réalisatrice - Entre pop & engagement, photographier son temps

#2 Charlotte Abramow - Photographe, réalisatrice - Entre pop & engagement, photographier son temps

Pour ce 2ème épisode, j’ai la chance de recevoir la photographe et réalisatrice Charlotte Abramow, connue pour ses clichés pop engagés, ses nombreuses collaborations pour différents magazines ainsi que pour avoir réalisé plusieurs clips de la chanteuse Angèle.

Ensemble, nous avons parlé de son enfance à Bruxelles, au Lycée Français, de sa découverte de la photographie grâce à sa maman et d’une rencontre marquante pour elle lorsqu’elle a la chance de croiser l’un de ses idoles, le photographe Paolo Roversi, aux Rencontres d’Arles, qui écrit un article sur son travail quelques mois plus tard.

Charlotte prenait absolument tout ce qu’elle voyait en photo, sans but précis, en sachant seulement qu’elle voulait faire cela de sa vie.

Elle s’installe à Paris et s’inscrit aux Gobelins pour apprendre le métier.
Elle y découvre un nouveau monde et développe sa créativité et sa technique.

Après presque 10 ans de photographie (eh oui, elle a commencé à 13, 14 ans !), elle fait la rencontre de la chanteuse Angèle qui fait ses armes en chantant dans les bars du centre de Bruxelles.
Elle réalise 3 de ses clips (La loi de Murphy, Je veux tes yeux, Balance ton quoi) et toutes les photos de son premier album, Brol.

Elle réalise aussi le clip des Passantes, de Georges Brassens, un hommage aux femmes censuré par Youtube le jour de la journée des Droits des femmes.
Un évènement qui nous a permis de nous questionner sur l’importance des réseaux sociaux et l’incohérence des algorithmes Instagram, Facebook et YouTube.

En 2011, elle ne le sait pas encore mais l’annonce du cancer de son père va donner lieu à l’un de ses plus beaux travaux, Projet Maurice.
Un hommage documentaire et métaphorique de plusieurs années autour de la renaissance de son papa, après avoir traversé les épreuves que cette maladie implique souvent.

S’il devait y avoir un fil rouge dans le travail de Charlotte, au-delà d’une esthétique proche de l’absurde et du surréalisme, ce serait l’engagement.
La photographe met une énergie folle à essayer de faire bouger les choses, sur tous les sujets, le racisme, la misogynie, le féminisme, la grossophobie, l’homophobie etc.

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